Action directe non-violente : Enlèvement de chaises à BNP Paribas Genève

Penser autrement: 

Le groupe SolidaritéS de Genève communique :

 

Communiqué de presse • 04 novembre 2015

 

Enlèvement de chaises à PNB Paribas Genève

Problèmes climatiques et malversations des banques : le peuple reprend une partie de son dû !

Ce mercredi 04 novembre à 11h00, une dizaine de militant.e.s ont enlevé quelques chaises de la banque BNP Paribas situées à Genève, pour finalement les séquestrer afin de dénoncer le rôle qu’ont les banques et leur monde dans la problématique climatique. Et d’appeler les habitant-e-s de la région à se mobiliser lors de la manifestation du 28 novembre 2015.

Après les organisations françaises Bizi!, ATTAC, Sauvons les riches, les J.E.D.I. for Climate et des activistes belges, nous, militant.e.s genevois.e.s, avons d'abord remis au responsable de la banque un exemplaire du livre « Pourquoi les riches sont-ils de plus en plus riches et les pauvres de plus en plus pauvres ? ». Toute cette action s’est passée dans le calme et la bonne humeur.

 

Le climat en danger : dénonçons les banques

A moins d’un mois de la COP21, les négociations climatiques ne semblent pas prendre une direction adaptée vis-à-vis de l’ampleur du problème. Il devient en effet de plus en plus difficile, en ces temps de politiques austéritaires, de réunir énergies et argent pour défendre les intérêts de l’environnement alors que les problèmes ne font que s’aggraver. C’est pourquoi les comportements des entreprises et banques qui facilitent l’évasion fiscale, le pillage et l’accaparement des ressources sont à dénoncer de manière intensive. C’est ce sur quoi nous voulons mettre l’accent à travers cette action direct non-violente en cette période de mobilisation contre la COP21 et son futur accord bidon.

 

Un appel international

Cette action se voulait aussi une réponse à l’ « Appel international à tous les faucheurs de chaises » émis par un collectif de personnalités françaises[1]. Ce dernier vise à dénoncer les paradis fiscaux et les différentes évasions fiscales qui y sont liées. Un total de 196 chaises doivent être expropriées. Elles seront utilisées symboliquement à Paris au sein d’une Zone d’Action Climat. Le but est ainsi de mettre en avant qu’il existe suffisamment d’argent et d’énergie pour lutter contre le réchauffement climatique qui menace même la survie de l’humanité. Ainsi, il y aurait 20'000 milliards d’euros bloqués au sein des paradis fiscaux. Une récente publication de l’ONG Tax Justice Network nous affirme d’ailleurs que la Suisse reste championne du monde de l’opacité financière !

 

Sauvons le climat, pas les banques !

Un exemple institutionnel de la présence d’argent a été celui du sauvetage d’UBS en 2008. L’état a ainsi dépensé presque 60 milliards pour sauver UBS à cause de ses mauvais agissements. Il en faut tout autant, voire plus, pour sauver le climat ! Les pratiques des banques doivent changer, et rien n’a encore été concrètement fait dans ce sens. C’est inadmissible !

En plus de la problématique fiscale, il nous semblait tout aussi important de dénoncer l’emprise qu’on les banques et les multinationales sur les négociations climatiques. Ces dernières sont en effet les principaux défenseurs du modèle de production capitaliste libéral qui est la cause des problèmes climatiques actuels. Elles en sont le principal pourvoyeur en investissement et capital, dictant de fait les domaines ou l’économie croîtra. Ceux-ci étant bien entendu dirigés en fonction de leurs profits à courte vue plutôt qu’en fonction des intérêts sociaux et environnementaux des peuples. Ainsi les banques, de par leurs activités de gestion du capital, contribuent de manière drastique à l’augmentation des gaz à effet de serre, au déclin de la biodiversité, à l’appauvrissement des sols, à la surexploitation de l’eau potable, aux déplacements de population du à des catastrophes climatiques, à la raréfaction, l’accaparement et le pillage des ressources qu’ils se sont octroyés uniquement parce que la propriété privée capitaliste le leur permettait. Les banques investissent massivement dans le charbon, principal fossile émetteur de gaz à effet de serre.

 

Au sommet de Cancun, les États se sont engagés à verser 100 milliards de dollars au Fonds vert pour le climat afin d'aider les pays en développement à financer leur transition énergétique. Pour l'instant, les contributions des pays occidentaux à ce fonds, dont les contours sont flous, sont encore bien trop faibles. Nous devons au plus vite récupérer l'argent de l'évasion fiscale, désinvestir les fossiles pour dégager des moyens à la hauteur des enjeux de la justice climatique, mais aussi reprendre le contrôle des banques et des investissements qu’elles consentent.

 

La rançon pour les chaises

Les chaises seront donc rendues à l’entreprise lorsque :

- BNP Paribas arrêtera de pratiquer l’évasion fiscale pour ses clients et avec les fonds ainsi dégagés participera aux 100 milliards nécessaires pour lutter contre le réchauffement climatique.

- BNP Paribas arrêtera tout investissement lié aux énergies fossiles.

Ce n’est que dans ces conditions que la banque pourra revoir ses chers fauteuils.

En allant plus loin on peut même affirmer que les banques et leur monde ne nous sont pas indispensables ! Une expropriation des banques serait une nécessité afin que le peuple puisse gérer la répartition des richesses et la nature des investissements.

De nombreux peuples ont eu et ont encore d’autres rapports à l’échange et à la production. Les connaissances modernes doivent nous permettre d’imaginer d’autres leviers capables de transformer le travail, nos connaissances et les ressources en outils nécessaires à notre épanouissement, et ce dans le respect de l’environnement et contre toute forme de domination et de hiérarchie!

 

Des citoyen.ne.s mobilisé.e.s contre la mascarade de la COP21

#Faucheusesdechaises


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