Faire la paix avec la Terre - une réponse des sagesses du monde au changement climatique - 4

Bon, ça c'était pour les conférences en présence ou à distance et les exposés des diverses personnalités présentes.

Mais il y a eu les ateliers du processus participatif, autrement nommé d'intelligence collective qui ont produit des questionnements et des réflexions et même des affrontements riches et variés.

 

Comme par exemple : Comment faire face au déni  ...de celles et ceux qui ne veulent pas savoir et qui continuent leur train de vie comme si de rien n'était ? de celles et ceux qui restent paralysés, comme tétanisés tout en sachant ce qui se passe...?

Le déni est une des étapes du deuil décrites par Elisabeth Kübler-Ross, la première

​(ce n'est pas si grave, l'homme s'en est toujours sorti, la technologie règlera l'affaire sous peu...) avant la colère (je n'y peux rien, c'est la faute aux patrons, aux banquiers... ou The American Way of Life is not negotiable...), le marchandage (si je trie mes déchets et que je fais participer mes employés à la gestion de la boîte, j'aurai fait ma part, non ?...ou programme Suisse à 2000Watts),  la dépression (on va dans le mur , c'est l'Apocalypse..!  bien fait pour nos gueules..., cynisme "après moi le déluge", "quelle tristesse tout ce gachis") et finalement l'acceptation (je prends ma part de responsabilité, je m'engage et j'opte pour la sobriété heureuse).

Première étape pour avancer : reconnaître  les faits et le déni comme tel. 

 

 

Qu'en est-il de la société civile en Suisse romande ?

Il y a Alternatiba-Léman, gros événement fédérateur de toutes les forces locales actives contre le réchauffement climatique et la construction d'une société du mieux-vivre ensemble. 18-19-20 septembre 2015 à Genève.   www.alternatiba.eu/leman 

La préparation de cet événement est un énorme chantier mené entièrement par des bénévoles avec très peu de moyens. Il y aura des exposants et des conférences, des forums, des débats, des ateliers.... Ce sera un joyeux festival des alternatives et un lieu de rencontres formidables. Reste la question de comment faire durer la mobilisation au-delà de l'événement !? cela dépend aussi un peu beaucoup de ce que feront les gouvernements rassemblés à Paris pour la COP21 !

Une remarque qui vaut son pesant de cacahuètes : En faisant tomber des murs entre les gens, on récolte des pierres qui pourraient servir à fabriquer des ponts.... Malin, non ? et si on faisait tomber quelques murs à Genève, il y aurait sans doute de quoi construire le pont sur la rade ! mmmhhhpffff....

Une Maison de la Transition ? En Suisse romande, il manque un lieu physique  apprendre à être, à faire, à partager des pratiques,  où rencontrer des personnes qui avancent sur ces chemins... Où l'on cherche à articuler les questions de la transformation intérieure et extérieure... Les "tiers lieux " commencent à exister : Impact Hubs, FabLabs, Co-working spaces...qui cultivent la collaboration, l'inventivité, la liberté de l'auto-organisation  mais il est aussi vrai que la dimension Transition intérieure, spirituelle, en est encore singulièrement absente....

 

-Trouver :  Comment émergent les nouvelles sociétés après l'effondrement des anciennes ? cf. actes d'un colloque publié c/o Labor & Fides

 

Anthropologie de l'espérance

Bernard Perret, économiste au Ministère de l'Ecologie à Paris nous a encore posé la question fatale : 

Qu'est-ce qui fait que l'on pourrait vraiment aimer l'avenir et avoir envie d'y aller

Il y a bcp de désespoir et de cynisme partout...  la croissance nous tient  lieu d'idéal pour l'instant, c'est ce qui nous fait faire des projets personnels. Il va falloir que nous trouvions comment échanger des non-marchandises, réveiller les motivations pour mutualiser, installer de nouvelles habitudes pour coproduire ...Cela ne relève pas de la même énergie, du même moteur que celui de la société de consommation, de la liberté individuelle, Difficile d'imaginer comment nous allons négocier ce virage, très concrètement. A son avis, seule la question de l'espérance permettra de réenchanter l'avenir. Moi, j'appelle ça la Transition intérieure. Et il y aura un espace dans le Village Alternatiba-Léman qui y sera entièrement consacré !!

Le sens n'arrive pas sous l'effet du déterminisme, mais à travers un événement inattendu que nous ne maîtrisons pas.Il faut compter sur un choc émotionnel pour  avancer, le raisonnement  logique  fondé sur le devoir n'y suffira pas. Il faut que l'avenir soit enchanté pour qu'on ait envie d'y aller.

L'espoir est une attente, l'espérance est une attitude.

 

Il faut lire les 30 pages du résumé du Rapport du GIEC à l'attention des décideurs.