Spiritualité et transition intérieure

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Nous étions près de 30 Mercredi 10 avril dernier pour écouter 

Michel-Maxime Egger

Sociologue, journaliste, responsable de politique de développement à Alliance Sud, Michel Maxime Egger est le co-fondateur de la revue La Chair et le Souffle et l’animateur du réseau www.trilogies.org. Il a publié en 2012 La Terre comme soi-même. Repères pour une écospiritualité (Labor et Fides).

 

Il nous a tenus en haleine pendant plus d'une heure avec un discours si clair, structuré et factuel, que c'en était un bonheur à écouter ! J'avais au préalable reçu l'un ou l'autre mail goguenard sur le thème "EcoAttitude vire Gandi teinté Michel Serres, faisant fi de la modernité".. Eh bien, je ne sais pas ce qu'il faut dire ou faire pour mériter la médaille de la "modernité", mais ce que je sais, c'est que les paroles de Michel-Maxime Egger ont clarifié le contenu de  ma tête de militante, calmé l'inquiétude sur la mesure des résultats et renforcé ma motivation à agir.... Et que le mot spiritualité, n'est pas un gros mot, n'en déplaise à ceux qui "savent ce qu'il faut faire" et qui sont aux commandes dans des structures plus officielles et moins bénévoles que la nôtre.

 

Partant de la nécessaire lucidité sur la gravité et l'aspect systémique de la crise que nous traversons, MME en a éclairé la triple nature spirituelle, psychologique et culturelle (séparation Homme/Nature, ressorts de la peur et du désir exploités à fond par le système, une culture qui a perdu le sens du sacré). Les réponses données par les grosses structures internationales doivent être complétées par une écologie intérieure personnelle : prendre conscience de l'unité profonde qui existe entre soi et la Nature : le moteur de l'écologie n'est autre que l'amour. --> Aime ton prochain comme faisant partie de toi-même !!

Homo alternativus

Nous avons à changer à la fois notre regard sur la Nature -réduite à l'état de marchandise et stock de ressources - et sur la place de l'être humain (cf. l'Homme hors-sol, de Pierre Rabhi). La transition intérieure à réaliser est multiple : réaffecter l'usage des facultés humaines extraordinaires que sont la raison, la capacité à créer et le sens de la liberté. Il s'agit d'un travail véritable - de toute une vie, probablement -, de pratiques et non pas seulement de bons sentiments et d'idées : ancrer nos gestes et nos attitudes dans un engagement à la fois politique et spirituel, trouver l'équilibre entre agir et non-agir, refuser la compétition, lâcher le moi ego-centré volontariste qui s'épuise et se mettre à l'écoute et au service de l'énergie qui nous traverse,  c'est devenir un méditant militant.

Le temps qu'il nous reste et la responsabilité

Savoir résister à la frénésie du "trop". La spiritualité n'est pas quelque chose qu'on ajoute à son agenda, mais bien une autre façon de vivre les différentes activités que l'on choisit de mener. Rester centré et choisir la part de Temps qu'on affecte à chaque chose. Il n'est pas de spiritualité sans conscience du Temps.

A l'efficacité, substituer la fécondité : ensemencer et laisser les fruits maturer, en se souvenant que ces fruits ne nous appartiennent pas (Bhagavad Gita). Sans oublier que le mouvement naturel de la vie est d'aller vers la vie, non vers la mort. Pessimisme plein d'espérance. Prendre la route, décider de sortir de l'esclavage... et les choses viendront.

 

En pièce jointe, les notes complètes de la soirée prises par un participant.